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AU FIL DE L’ACTU

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11
août
2017

Compte-rendu du 9 août, Chroniques de Dheisheh

Le montage du film est à peu près fini. Encore un peu de taff dessus mais plus de temps... la session de travail en commun prend fin le 10 !

Il restera quelques sous titres à retravailler en anglais pour Laylac et la partie française à mette en forme but al muhem.. .its done ! Le film est cohérent et diffusable

On a lancé une invitation à toutes les personnes qui ont participé sur place à la réalisation du film, finalement intitulé " Quand les murs parlent..."

La projection publique est prévue à 9h du soir sur le toit de l’asso plutôt que sur un des murs du camp au vu du contexte actuel [1]...

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Installation du video proj and co, quelques derniers réglages et la projection commence...

L’objet du documentaire : montrer l’importance et les différentes utilisations des murs du camp comme outil de résistance politique et populaire et ce en fonction des différentes phases de l’histoire palestinienne mais en intégrant aussi l’apparition de nouveau "murs", virtuels ceux-là.

Suite à la projection, lancement d’un débat sur le sujet, la Palestine en général et la campagne BDS comme outil de résistance.

L’équipe palestinienne lance la préparation d’un makloubah [2] ! Les discussions se poursuivront jusque tard dans la nuit !

Les équipes souhaitent dédier ce film au jeune R. qui est à l’heure ou nous parlons entre la vie et la mort suite à l’invasion du camp par l’armée israélienne la nuit dernière.

Un grand merci à tout-e-s ceux et celles qui ont soutenu de près ou de loin ce projet.

Des diffusions auront lieu dans différents endroits à Rennes à partir de début septembre.

Et on espère qu’une première projection pourra avoir lieu au festival de Cinéma de Douarnenez fin août. [3]

[1] Lire les compte-rendus précédents au sujet des attaques de l’armée contre le camp de réfugiés de Dheisheh

[2] C’est un plat traditionnel à base de poulet, de riz, de choux-fleurs et de vermicelles, agrémenté de sumak et de pignons de pin grillés, que l’on renverse sur un grand plat pour le servir...

[3] Un stand sera tenu par l’AFPS Sud-Cornouaille et l’UJFP le 25 août après-midi au village des associations


10
août
2017

Solidaires édite un dépliant pour inviter les travailleurs à soutenir la lutte des Palestiniens pour la réalisation de leurs droits !


10
août
2017

Les colons israéliens lancent une marche vers la maison familiale d’Abu Rajab dans la vieille ville d’Hébron

HEBRON (Ma’an) - Des centaines de colons israéliens originaires de France ont lancé une marche mercredi après-midi vers la maison d’Abu Rajab dans la vieille ville d’Hébron, qui a été prise par les colons il y a deux semaines , pour manifester leur solidarité avec les colons.

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La marche a été déclenchée à partir d’une colonie illégale située rue Al-Shuhada et du quartier de Tel Rumeida dans la vieille ville, et a pris d’assaut la maison familiale d’Abu Rajab, alors que les colons agitaient les drapeaux israéliens.

Des témoins ont déclaré à Ma’an que la marche était une façon pour les colons israéliens de « confirmer leur contrôle » sur le bâtiment, même si l’administration civile israélienne a décidé que le prétendu achat de la propriété par les colons était en fait invalide.

Les résidents de la maison d’Abu Rajab ont été impliqués dans une bataille juridique avec les colons israéliens depuis des années, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait déclaré son intention d’encourager la création d’une nouvelle colonie israélienne illégale du nom de Beit Hamachpela .

Cependant, les autorités israéliennes n’ont pas autorisé l’établissement de cette colonie au motif que les colons n’ont pas prouvé leur achat de la maison palestinienne, les Palestiniens accusant les colons d’avoir fabriquer les documents.

Pendant ce temps, les médias hébreux ont rapporté que la marche a été organisée par une organisation de droite appelée « Israël pour toujours », qui met l’accent sur la solidarité française avec les colons israéliens résidant illégalement à Hébron.

La marche dans la vieille ville d’Hébron s’est tenue au lendemain de l’annonce d’un recours de la famille auprès de la Cour suprême israélienne pour obtenir l’évacuation les colons de leur domicile. Selon le journal israélien Haaretz , la requête vise à exhorter les autorités israéliennes à évacuer les colons, ce que la famille avait déjà réussi à obtenir lorsque les colons avaient également pris leur maison en 2012 en prétendant avoir acheté la propriété.

Alors que l’armée israélienne a déclaré le secteur « zone militaire fermée », un ordre supposé empêcher les individus d’entrer dans le quartier, les colons israéliens ont continué à entrer et à sortir librement du bâtiment.

Selon Haaretz, les autorités israéliennes ont négocié avec les colons une « éventuelle expulsion volontaire », lorsque que le juge de la Cour suprême israélienne, Neal Hendel, a ordonné à l’État israélien de répondre à la demande de la famille d’ici le 16 août.

Situé dans le centre d’Hébron, l’une des plus grandes villes de la Cisjordanie occupée, la vieille ville a été divisée en zones palestiniennes et israéliennes, connues sous le nom de H1 et H2, suite au massacre de la mosquée d’Ibrahimi. [1]

Quelque 6 500 Palestiniens et 800 colons israéliens notoirement agressifs vivent dans la vieille ville d’Hébron, selon un rapport établi en 2016 par l’ONG de défense des droits humains BADIL .

Les résidents palestiniens de la vieille ville font face quotidiennement à une forte présence militaire israélienne, avec au moins 32 postes de contrôle permanents et partiels à l’entrée de nombreuses rues.

En outre, les Palestiniens ne sont pas autorisés à conduire sur la rue Al-Shuhada, leurs maisons et leurs magasins sont fermés, [2] et dans certains secteurs de la vieille ville, on ne peut pas emprunter certaines rues.

Pendant ce temps, les colons israéliens se déplacent librement dans ces rue, conduisent des voitures et portent des fusils mitrailleurs.

[1] perpétré par le colon d’extrême droite Baruch Goldstein en 1994

[2] L’armée y a même soudé les portes pour empêcher qu’on y accède


9
août
2017

Putain de nuit !

1h20- Quatre arrestations à Beit Jala de jeunes de 15 à 17 ans

5h42 - Réveillée il y a maintenant plus d’une heure et demie par des coups de mortiers et grenades de désencerclement assourdissantes

Voitures,taxis et ambulances bloqués devant notre bâtiment et qui commencent a faire demi tour...

Le bruit des grenades se rapproche.

Du toit nous voyons les jeeps juste en haut de la rue ainsi que de nombreux soldats.

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Le son des bombes retentit de plus en plus fort. Lancement de gaz dans le camp, Étincelles des bombes. Un groupe de soldats se détache d’un coup et tac tac tac tac. Deux fois et longtemps...

Sur le coup pas de nouvelles. Les jeunes courent dans tous les sens.
Les soldats de l’armée sioniste semblent ensuite s’éloigner

Le trafic reprend petit a petit et les taxis collectifs reprennent leur route, chargés des travailleurs et travailleuses palestinien-ne-s se rendant au chekpoint 300 pour attendre son ouverture et aller travailler de l’autre cote du mur d’apartheid.

Réception d’un appel...

Les soldats ont attaque des maisons de manière ciblée, dont la maison d’un des jeunes de l’association Laylac. Ils n’ont a priori pas réussi à l’attraper tout de suite. Course poursuite dans le camp

Autre appel - Un des jeunes volontaire de l’asso a été touché au ventre... 5 balles dans l estomac... La famille a essayé de le récupérer mais les soldats ont réussi à le choper avant. Entre la vie et la mort, les soldats l’ont ensuite kidnappé et ramené à l’hôpital avant de l’interroger s’il s’en sort...

Autre message - un autre jeune a été touché, lui dans sa jambe et emmené aussi par les soldats.

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Entre la vie et la mort... L’ambulance vient d arriver sur place pour voir s’il est encore possible de le sauver...

Autre message nous arrive avec un smiley- un des agresseurs de l’armée coloniale a été touché par jet de pierre !

En attente de nouvelle du jeune touché au ventre...

Le jour se lève...et la vie continue...

Boycott de l’État colonial et criminel israélien !

Soutien inconditionnel à toutes les formes de la résistance populaire palestinienne !


9
août
2017

Compte-rendu du 8 août – Chronique de Palestine

Rencontre avec un enfant du camp de Dheisheh, 14 ans, libéré hier de prison...

"Je m appelle O., je vis ici dans le camp de réfugié-e-s, mon village originel Umm ad Dafouf. J’ai été arrêté a Doha il y a maintenant plus de 5 mois..."

Arrestation et interrogatoire

« Je me rappelle bien du jour de mon arrestation, je marchais dans la rue principale, avec deux personnes dans l’apartheid road près de Beit Jala.

Les soldats sont sortis de nulle part et nous ont kidnappés.

Nous nous sommes fait attacher les mains, les pieds et couvrir la tête puis emmener dans les jeeps.

Quand ils nous ont enlevé ce qui nous couvrait la tête, nous étions arrivés au centre d’interrogatoire d’Atarot (près de l’ancien aéroport de Jérusalem)

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Nous avons été frappés de nombreuses fois et dès le moment de l’arrestation. Après deux heures d’attente, deux soldats nous ont amenés dans une pièce. Les deux soldats chargés de l’enquête nous ont dit qu’on nous avait vu lancer des coktails molotov et qu’ils savaient qu’on faisait cela régulièrement et qu’on avait intérêt à tout avouer ».

Ils ont ensuite laissé les gamins entre eux et sont sortis de la salle d’interrogatoire… ce que les gamins ne savaient pas c’est que les soldats enregistraient leurs propos en secret pendant ce temps d absence.

Ils les ont ensuite sortis de la salle et les ont fait attendre plus de 10 heures par terre. Retour en salle d’interrogatoire en leur disant qu’ils avaient tout ce qu il leur fallait et qu’ils allaient être transférés en prison. Avant le tranfert les soldats lui ont fait voir son père en lui disant de bien en profiter car il ne le reverrait pas avant longtemps : 10 min avec son pere et il se fait embarquer avec son copain vers la prison d’Ofer

Centre de détention Ofer, prison et tribunal militaire ( Beit El Settlement Compound)

Les forces de l’occupation israélienne ont commencé à utiliser Ofer en tant que centre de détention en 2002 et ont transféré l’autorité de gestion de la prison d’Ofer, de l’armée d’occupation aux services pénitentiaires israéliens en 2005. Connu sous le nom de « Ofer Camp », le site a été construit sur des terres expropriées du village De Beitunia en Cisjordanie - à seulement quatre kilomètres de la ville de Ramallah. Le Centre de détention d’Ofer a été temporairement fermé pour être réouvert avec de nouvelles sections de détention lors de l’invasion israélienne des villes de Cisjordanie en 2002, en raison du nombre élevé de prisonniers et de personnes arrêtées. En plus des prisonniers, les détenus administratifs et les enfants sont également envoyés à Ofer.
http://www.addameer.org/prisons-and-detention-centers#offer

Jugement et incarcération :

Les gamins sont transférés à la prison d’Ofer. Après deux jours d’incarcération, ils sont amenés devant la court militaire. La parole est exclusivement donnée aux soldats qui les ont arrêtés et aux investigateurs. La sentence arbitraire tombe : 5 mois d’enfermement !

À l’intérieur de la prison, les gamins sont dans une section spéciale : peu ou pas de contact avec les adultes. O. nous explique qu’ils étaient environ 110 de 13 a 17 ans et demi. Les filles et les garçons sont séparés.

La vie quotidienne en prison : à 5h du matin ils doivent se lever et rester debout tant que les soldats ne leur donnent pas l’ordre de se recoucher. Levés ensuite à 7h, ils ont pour obligation de se coucher à 11heures du soir.
Ménage tous les jours des cellules.
Les soldats viennent fréquemment les réveiller pendant la nuit et leur demandent de rester des heures debout devant leur lit.
Deux repas par jour sont servis : petit déjeuner et repas du soir. La bouffe est de très mauvaise qualité.
Le reste du temps les gamins restent dans leurs chambres et dans leurs sections. Ils ne voient que très peu les adultes qui prennent soin d’eux autant que possible. O nous explique qu’il y avait un chanteur qui tout les jours essayait de créer une ambiance sympa… Les gamins suivent les nouvelles a la télé quand ils y ont accès.
Chaque gamin est plus ou moins rattaché à un parti qui tente de prendre soin de lui et de participer à sa formation politique.
Des bouquins de Ghassan Kanafani (un écrivain palestinien membre du FPLP, assassiné par les Israéliens en 1972) circulent en cachette dans les sections et même celles des plus jeunes.

La puissance occupante fait intervenir quelques profs une fois par semaine (palestiniens de 48) qui donnent aux gamins des cours Maths, d’Arabe et d’Hébreu....

Le droit aux visites est très restreint. O. n’a pu voir son père que 5 fois en 5 mois...

Gréve de la faim et soutien des jeunes

O. était présent dans les geôles israéliennes lors du dernier mouvement de grève de la faim. Il nous raconte qu’eux aussi ont participé et ont voulu soutenir le mouvement des adultes.

Ils ont boycotté la nourriture qui leur était amenée par les soldats, ont observé des minutes de silence et ont arrêté d’aller en cours. Pas de chants, pas de rires dans leurs sections et ce en soutien au mouvement.
Ils ne sont peu ou pas sortis de leurs cellules pendant tout le mouvement et essayaient de se tenir informés du mieux qu’ils pouvaient avec la peur d’apprendre que quelqu’un était mort.

Après 5 mois d’enfermement et de mauvais traitements, les soldats sont venus le chercher avant-hier en lui disant de préparer ses affaires.
Il ne fallait surtout pas pleurer de laisser les autres là-bas nous a-t-il dit et il jure qu’il s’est tenu droit et a salué tout le monde sans verser une seule larme. Une marque sur son bras lui a été faite avant de sortir par un de ses camarades de section… pour ne jamais oublier !

Pour la suite : l’envie de se battre pour son pays et de continuer à étudier.

On lui souhaite une belle vie et de la réussite dans tout ce qu’il va entreprendre, de faire attention à lui, petit oiseau qui vient juste d’être libéré comme il nous le dit...

Fais attention à toi petit oiseau, on n’oublie pas, on ne pardonne pas !

Fin décembre 2015, 116 enfants palestiniens de 12 à 15 ans étaient détenus en détention militaire israélienne, onze fois plus que l’année précédente.

Au total, ce sont 440 enfants âgés de moins de 18 ans qui sont actuellement retenus en détention militaire, c’est le nombre le plus élevé depuis que l’armée israélienne a commencé à publier ses statistiques en 2008, et c’est près de deux fois et demi le nombre d’emprisonnés d’il y a un an.
Selon Defense for Children Internatinal – Palestine (DCI-P, Défense internationale des enfants – section Palestine), aucun autre pays au monde ne poursuit systématiquement des centaines d’enfants devant les tribunaux militaires chaque année.
DCI-P documente minutieusement les tendances alarmantes dans l’incarcération israélienne des enfants dans un nouveau rapport, No Way to Treat Child (Ce n’est pas une façon de traiter un enfant), qui relate en détails l’ampleur avec laquelle Israël a avili les droits des enfants qui se trouvent sous son régime militaire.

Pour aller plus loin :

http://www.aurdip.fr/le-nombre-des-enfants-palestiniens-1872.html?lang=fr

https://plateforme-palestine.org/La-vie-des-enfants-palestiniens-dans-les-prisons-israeliennes

Sur le web

Une sélection de sites internet susceptibles d'enrichir son information