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Israël poursuit la colonisation malgré les tensions avec les Palestiniens

jeudi 13 novembre 2014

Israël a approuvé la construction de nou­veaux loge­ments à Jérusalem-​​Est, la partie pales­ti­nienne occupée de la Ville sainte, passant outre la répro­bation internationale.

Voir l’article original sur le site du Point.fr

La partie palestinienne de la Ville sainte, en proie aux violences depuis l'été, est le théâtre d'affrontements entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens jour et nuit. © AFP
La partie palestinienne de la Ville sainte, en proie aux violences depuis l’été, est le théâtre d’affrontements entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens jour et nuit. © AFP

Israël a approuvé mer­credi la construction de deux cents nou­veaux loge­ments à Jérusalem-​​Est, la partie pales­ti­nienne occupée et annexée de la Ville sainte, passant outre la répro­bation inter­na­tionale contre la pour­suite de la colo­ni­sation qui contribue à l’actuelle escalade des ten­sions. Les vio­lences se sont pour­suivies, avec l’incendie d’une mosquée à l’aube en Cis­jor­danie occupée et le jet d’un cocktail Molotov sur une syna­gogue désaf­fectée dans une localité arabe du nord d’Israël mardi soir.

La nou­velle escalade des ten­sions entre Israé­liens et Pales­ti­niens doit être au coeur des dis­cus­sions prévues jeudi à Amman entre le secré­taire d’État amé­ricain John Kerry et le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas. À la veille de cette ren­contre, les États-​​Unis ont une nou­velle fois cri­tiqué leur allié israélien à propos de la pour­suite de la colo­ni­sation à Jérusalem-​​Est. "Ces déci­sions d’étendre les construc­tions peuvent exa­cerber la situation dif­ficile sur le terrain et ne contri­bueront pas à apaiser la tension", a dénoncé la porte-​​parole du dépar­tement d’État Jen­nifer Psaki. Elle a estimé que cela "allait à l’encontre de l’objectif affiché de par­venir à une solution à deux États" israélien et palestinien.

Pour le porte-​​parole de la pré­si­dence pales­ti­nienne Nabil Abou Rou­deina, "la situation est devenue explosive et on ne peut plus attendre". "Il faut jeter un seau d’eau froide sur cette situation explosive", lui a fait écho le ministre israélien des Finances, Yaïr Lapid. L’escalade fait redouter une troi­sième Intifada, du nom des deux sou­lè­ve­ments popu­laires pales­ti­niens qui ont fait des mil­liers de morts de 1987 à 1993 et de 2000 à 2005. Après deux attentats à la voiture-​​bélier qui ont fait quatre morts (outre les deux auteurs pales­ti­niens) depuis fin octobre à Jéru­salem et deux meurtres lundi en Cis­jor­danie et à Tel-​​Aviv, les Israé­liens ont renoué avec un sen­timent d’insécurité.

La muni­ci­palité israé­lienne a néan­moins approuvé la construction de deux cents nou­veaux loge­ments dans le quartier de colo­ni­sation de Ramot à Jérusalem-​​Est, a dit à l’AFP Pepe Alalo, conseiller muni­cipal d’opposition.

Une mosquée incendiée

Pepe Alalo ainsi que La Paix main­tenant se sont alarmés de la décision et de son timing. "C’est ter­rible, en pleine période aussi sen­sible", s’est ému Lior Amihaï, un res­pon­sable de l’organisation israé­lienne anti-​​colonisation.

La pour­suite de la colo­ni­sation (la construction de loge­ments dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés par Israël et notamment à Jérusalem-​​Est) est l’un des fac­teurs de la colère pales­ti­nienne, avec l’occupation, les arres­ta­tions, les bri­mades ou le chômage. Cette exas­pé­ration est cata­lysée par les pas­sions autour de l’esplanade des Mos­quées à Jérusalem-​​Est.

La partie pales­ti­nienne de la Ville sainte, en proie aux vio­lences depuis l’été, est le théâtre d’affrontements entre jeunes Pales­ti­niens et poli­ciers israé­liens jour et nuit. La Cis­jor­danie est éga­lement sous tension. Un Pales­tinien y a mor­tel­lement poi­gnardé une femme colon lundi et les soldats israé­liens y ont tué un Pales­tinien mardi. Les vio­lences se sont pro­pagées depuis samedi aux villes arabes d’Israël et à Tel-​​Aviv, où un Pales­tinien a tué lundi un soldat israélien à coups de couteau. Une mosquée du village d’Al-Mougheir, proche de la colonie israé­lienne de Shilo, a été la cible mer­credi d’un incendie imputé par les Pales­ti­niens à des colons israéliens.

L’inquiétude "immense" de Blair

Depuis lundi, l’armée israé­lienne a déployé des ren­forts en Cis­jor­danie. La com­mu­nauté inter­na­tionale suit l’évolution avec pré­oc­cu­pation. "Mon inquiétude est immense", affirme dans un com­mu­niqué Tony Blair, envoyé spécial du Quar­tette (Nations unies, Union euro­péenne, États-​​Unis et Russie) au Proche-​​Orient. Avant même l’annonce d’un nouveau projet de colo­ni­sation, il pré­venait qu’une telle ini­tiative ne ferait "qu’enflammer" davantage la situation. Pour le roi de Jor­danie Abdallah II aussi, la pour­suite de la colo­ni­sation "tor­pille tous les efforts" de paix.

Mais c’est le statut de l’esplanade des Mos­quées qui demeure la ligne rouge des Pales­ti­niens. L’esplanade est à la fois le troi­sième lieu saint pour les musulmans, et le plus haut lieu saint pour les juifs. Abdallah II, dont le pays est le gardien du site même si Israël en contrôle les accès, a reçu mer­credi le pré­sident pales­tinien et a exprimé son "rejet total des agres­sions et pro­vo­ca­tions israé­liennes répétées", selon un com­mu­niqué du palais royal.

Pales­ti­niens et Jor­da­niens redoutent qu’Israël, malgré les déné­ga­tions offi­cielles, tente de modifier le statu quo en vigueur, qui interdit aux juifs de prier sur l’esplanade. Alors que la com­mu­nauté inter­na­tionale s’efforce de faire retomber la tension, Israël a annoncé mer­credi qu’il ne par­ti­cipera pas à la com­mission d’enquête de l’ONU sur de pos­sibles vio­la­tions du droit inter­na­tional lors de la guerre à Gaza cet été.

Les pers­pec­tives de reprise des efforts pour résoudre un conflit vieux de plus de soixante ans ont rarement paru plus sombres. Dans ce contexte, la chambre des députés fran­çaise pro­cédera le 28 novembre, après le Par­lement bri­tan­nique le mois dernier, à un vote non contrai­gnant mais très sym­bo­lique sur un texte invitant Paris à recon­naître l’État palestinien.

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