Beita : Un modèle de résistance inébranlable face à la colonisation israélienne

https://www.alhaq.org/publications/22849.html

30، Mar 2024

À l’occasion de la Journée de la Terre 2024, en l’honneur de la résilience et de la lutte des Palestiniens contre le colonialisme sioniste, Al-Haq lance son rapport intitulé : “Beita : Un modèle de résistance populaire inébranlable défiant la colonisation israélienne“. Alors qu’Israël poursuit sans relâche son génocide contre le peuple palestinien à Gaza, il continue simultanément d’enraciner son projet de colonisation sioniste ailleurs dans la Palestine historique. Ce rapport met en évidence la résilience et l’endurance du peuple palestinien dans sa lutte pour la liberté à travers le modèle unique de résistance populaire dans le village de Beita contre l’entreprise de colonisation d’Israël, et malgré la répression violente par Israël de la résistance à ses actes coloniaux et annexionnistes.

S’appuyant sur la documentation historique d’Al-Haq depuis les années 1980 et sur des recherches approfondies menées sur le terrain entre mai 2021 et mai 2022, le rapport retrace le défi et la lutte historiques et continus des résidents palestiniens de Beita, situé au sud-est de Naplouse en Cisjordanie occupée, contre la colonisation israélienne. Il décrit deux étapes importantes de la lutte du village. Tout d’abord, le défi lancé par les habitants de Beita dans les années 1980 lors de la première Intifada, à la suite du meurtre de deux habitants par des colons israéliens armés, et la campagne de punition collective israélienne qui s’en est suivie contre l’ensemble du village. Deuxièmement, la résistance populaire continue de Beita contre l’établissement de l’avant-poste colonial “Evyatar” sur leurs terres au Mont Sbeih (Jabal Sbeih) en mai 2021, au milieu du soulèvement de l’Unité.

Le rapport analyse le modèle unique de résistance populaire et de fermeté à Beita mené par les “gardes de la montagne” depuis mai 2021. Ce modèle, qui se caractérise par le fait qu’il est organisé et dirigé par le peuple, intergénérationnel, et qu’il inclut tous les membres de la société, reflète une communauté unifiée et la ferme conviction que la résistance est un effort permanent.

Beita représente l’expérience de nombreux villages et villes palestiniens persécutés par des décennies de colonisation, menée par la violence, l’appropriation de terres, la punition collective, les fermetures, l’assujettissement économique et la création d’environnements coercitifs, pour finalement transférer de force les Palestiniens de leurs terres et les remplacer par des colons israéliens. Le rapport examine les politiques et les pratiques d’Israël en matière de soutien à la colonisation de Beita, en particulier à la lumière des tentatives actuelles de “légalisation” de l’avant-poste colonial d’Evyatar.

Le rapport souligne en outre la répression systématique par Israël de toute forme de résistance palestinienne. En tentant d’écraser l’esprit de résistance populaire à Beita, les forces d’occupation israéliennes ont utilisé une force inutile et disproportionnée contre les manifestants, tuant dix Palestiniens et en blessant 6 454 autres, y compris des ambulanciers et des journalistes, et détenant arbitrairement 150 résidents de Beita au cours de la période couverte par le rapport, entre mai 2021 et mai 2022. Israël a également imposé des mesures de punition collective, effectué des raids, fermé les entrées du village, révoqué les permis de travail et nivelé les routes et les infrastructures pour empêcher les manifestations et la circulation des ambulances. Voici les noms des dix Palestiniens tués : Issa Suliman Barham (40 ans), Tariq Omar Snobar (27 ans), Zakaria Maher Hamayel (25 ans), Mohammad Saed Hamayel (16 ans), Ahmad Zahi Bani Shamsa (15 ans), Shadi Omar Salim (41 ans), Imad Ali Dweikat (38 ans), Mohammad Ali Khabisa (28 ans), Jamil Jamal Abu Ayash (32 ans), Fawaz Ahmad Hamayel (47 ans).

En interrogeant les survivants de la campagne de punition collective de 1988 et ceux qui subissent la répression depuis mai 2021, le rapport souligne l’impact profond et continu de la violence israélienne sur la santé, le statut socio-économique et le bien-être psychologique de la communauté de Beita. Les personnes particulièrement touchées sont les membres de la communauté qui ont perdu leurs proches et/ou leurs maisons, ceux qui ont développé des handicaps à la suite de leurs blessures, ainsi que ceux qui ont été exilés du village et dont les droits humains fondamentaux ont été bafoués en exil.

La violence des colons israéliens à l’encontre des habitants de Beita s’est poursuivie au-delà de la période couverte par le rapport. Tout au long de l’année 2023, les habitants de Beita ont été soumis à une force inutile et disproportionnée. Depuis le 7 octobre 2023, les FIO ont tué cinq habitants de Beita à balles réelles, dont quatre enfants : Imad Jareh Majed E’daily (16 ans), Karam Ayman Mohammad Dweikat (17 ans), Mohammad Ibrahim Fahed Bahloul (10 ans), Mu’ath Ashraf Faleh Bani Shamsa (16 ans) et Ameed Saed Ghaleb Bani Shamsa (34 ans). D’autres actes de l’IOF contre la communauté comprennent des attaques de colons, des fermetures de routes et des restrictions de mouvement, des raids et des campagnes d’arrestation, des attaques contre le personnel médical et paramédical, et l’obstruction de leur travail et de leur capacité à accéder aux blessés, aux hôpitaux et aux installations de soins de santé. Israël continue également de s’en prendre aux biens immobiliers palestiniens à Beita, notamment en détruisant au bulldozer et en nivelant la route menant à la décharge du village, et en démolissant des structures appartenant à des particuliers dans le village, dans le but d’étendre les colonies.

Le rapport Beita témoigne de la Nakba en cours, de la lutte continue du peuple palestinien contre le régime d’apartheid colonial israélien, qui engendre une violence systématique à l’encontre du peuple palestinien et le prive de son droit à l’autodétermination. Le rapport replace l’expérience de Beita, qui a défié le régime d’apartheid colonial israélien, dans le cadre du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et de son droit à résister à la colonisation dans la poursuite de la liberté, de la justice et de la dignité. La résilience et la résistance dont ont fait preuve les habitants de Beita reflètent non seulement leur profond sacrifice, mais aussi la quête incessante de libération et de justice du peuple palestinien.

Alors que nous commémorons le 48e anniversaire de la Journée de la terre, le jour où la police israélienne a tué six Palestiniens de nationalité israélienne qui protestaient contre l’expropriation par Israël de milliers de dunums de leurs terres en Galilée, nous soulignons la lutte continue du peuple palestinien pour défendre ses terres contre le projet colonial des colons sionistes, notamment l’expansion sans cesse croissante de l’entreprise coloniale d’Israël, l’annexion et la répression violente de son droit d’exister en tant que peuple sur sa terre.

Pour connaître l’histoire de Beita, veuillez consulter le rapport complet en anglais ici.

Autres sources :

  • Voir : L’infographie de Visualisation de la Palestine intitulée “Résistance populaire palestinienne en cours à Beita – Gardiens de la montagne” ici en anglais, arabe et espagnol.

Traduction : AFPS-Rennes

Farkha, l'un des villages où nous devions aller en octobre et novembre 2023 pour aider les paysans à cueillir leurs olives...


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Après le 7 octobre, nos projets de cueillettes solidaires des olives se sont effondrés. Plus d’avions vers Tel Aviv : impossibilité pour les volontaires d’accéder aux territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. Deux membres du groupe étaient partis plus tôt et ont décidé de rester pour pouvoir témoigner sur la situation.

“Nous avons tenté d’accéder au village de Farkha et nous avons pu nous en approcher à quelques kilomètres seulement, malgré les difficultés de circulation et le danger que représentait le passage par des tronçons de routes desservant des blocs de colonies. Puis tout passage a finalement été impossible : routes bloquées par l’armée, miradors à chaque croisement, tireurs d’élite… Le verrouillage total de la Cisjordanie par l’armée d’occupation nous a empêché de retrouver nos amis de Farkha. Nous n’avons pu nous parler qu’au téléphone… Mais nous reviendrons, plus forts, plus nombreux et nous témoignerons jusqu’à l’écroulement du système colonial d’apartheid israélien !

La Palestine existe, elle vit et elle résiste de toutes les manières possibles y compris en continuant a promouvoir des projets basés sur l’entraide, la solidarité, un combat émancipateur !

Ce documentaire est également visible directement sur le site d’Arte :

https://www.arte.tv/fr/videos/115493-002-A/arte-regards